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The Sky Crawlers, un film de Mamoru Oshii

Fin janvier est sorti The Sky Crawlers le nouveau film de Mamoru Oshii, le réalisateur de Ghost in The Shell. Le film est sorti en 2008 au Japon, il est produit par le studio Production I.G (Higashi no Eden, Patlabor) et surtout il est l’adaptation d’une histoire basée sur 5 romans de Hiroshi Mori. Comme j’ai acheté et maté le Blu-Ray, je me suis dis que j’allais en parler.

Synopsis

Dans un futur alternatif, les guerres ont été éradiquées, mais pour divertir la population, des sociétés militaires privées ont mis en place une gigantesque guerre aérienne. Chaque jour, des pilotes ennemis s’affrontent. La plupart d’entre eux sont des Kildren, adolescents éternels qui effectuent inlassablement les mêmes missions. L’étrangeté de la situation interpelle Yuichi Kannami, jeune recrue de la base des Sky Crawlers, qui commence à se poser des questions…

Fiche technique

Production : Production I.G
Titre original : Sukai Kurora
Réalisateur : Mamoru Oshii
Chara Design : Tetsuya Nishio
Scénario : Chihiro Ito
Auteur : Hiroshi Mori
Musique : Kenji Kawai
Genre : Action, drame
Durée : 2h02

Avis

Durant les deux bonnes heures que durent le film, nous suivons le parcours du Kildren Yuichi, un pilote de chasse, qui débarque dans la base de Rostock. Un Kildren c’est un enfant qui ne peut vieillir et qui lorsqu’il meurt est remplacé. Physiquement, il conserve le même corps, son cerveau subit une sorte de formatage. Il ne gardera que ses qualités de pilotes et quelques manies. Yuichi, une fois débarqué à Rostock, va chercher à en savoir un peu plus sur son prédécesseur, tout en accomplissant sa mission de pilote.

L’histoire va donc être la quete d’une personne qui recherche son identité, à savoir à quoi sert son existence et qui est le héros. Ne vous attendez pas à une succession de combats d’avions à tout va, ici, ça avance doucement, doucement, sans se presser. La narration est lente, les sujets arrivent comme un cheveu sur la soupe : statut et origine des Kildrens, les différentes personnes de la base aérienne, les évènements comme une visite de la base par des touristes ou une partie de bowling, tout cela arrive au fur et à mesure. Ainsi, chose rare qui mérite d’être soulignée je pense, on comprend le film du début à la fin. Du premier coup !! Dingue pour un film d’Oshii !!! Ceux qui ont vu Avalon comprendront.

Le film est donc compréhensible et pendant 120 minutes, nous avons droit à de la réflexion avec la recherche d’identité. Yuichi sera constamment en train de réfléchir : comment était son prédécesseur, pourquoi le remplace-t-il, comment les autres personnes de la base se comportaient-ils avec lui, quelles relations pouvaient-ils avoir… Autant de questions qui trouveront réponses. Des questions que l’on est d’ailleurs à se poser en même temps que le héros. Le spectateur est donc un peu acteur, et du coup, on s’ennuie pas une seconde.

Mais il n’y a pas que ça, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un film dans un contexte de guerre, donc il y aura les scènes qui vont bien avec notamment de superbes séquences de combats aériens comme la première qui ouvre le début du film. La base de Rostock se bat contre la base de Lautern qui possède un as dans ses rangs qui s’appelle « le professeur » avec son avion et son dessin de panthère.

Nos personnages -qui sont peu nombreux d’ailleurs- sont aussi des mecs qui aiment la bière, qui aiment sortir au resto, quelques scènes donc, pour développer leurs relations. Comment des Kildrens se comportent-ils entre eux ? Et avec les autres, les « gens normaux » ? Et vice et versa, comment un adulte se comporte-il quand il sait qu’un Kildren est remplacé à l’identique quand il meurt ? Des histoires où là aussi, on se met parfois à la place de Yuichi et on arrive à se poser les mêmes questions que lui.

Techniquement, le film est superbe ! Une sortie au ciné aurait été le top du top. C’est visuellement très beau, notamment les intérieurs, mon oeil a surtout été attiré sur le mobilier très bien fait, style 18ème siècle. Ca alterne entre couleurs très lumineuses au soleil et très grisâtres en intérieur et les jours de pluie. Les combats aériens sont très bien foutus,  les scènes sont en 3D, ça dépote sévère !! Un film abouti techniquement je trouve.

Musicalement aussi, rien à redire. Kenji Kawai nous pond de beaux sons mélodieux à la harpe qui rythment bien les combats.

Un mot sur les bonus présents : un court entretien avec Oshii qui un réalisateur soigneux, qui a le souci du détail, un reportage où il fait du repérage avec ses assistants en Europe et le plus interessant je trouve c’est la troisième vidéo sur les effets sonores et la musique du film. On y voit tous le processus, de la recherche des bruitages comme un craquement d’allumettes, jusqu’au voix des seiyuus.
Des bonus intructifs !

Au final, The Sky Crawlers est un bon film, dans lequel le spectateur ne peut s’ennuyer avec les thèmes abordés, les questions que l’on peut se poser, et aussi grâce à la très bonne réalisation du film qui vous fera garder les yeux ouverts. Le film est disponible en DVD et Blu-Ray depuis fin janvier chez tout bon revendeur.

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