Je ne suis pas mort est un manga de Hiroshi Motomiya. Il est sorti en 2007 au Japon sous la forme d’un one shot puis un deuxième tome lui fait suite en 2009. En France, c’est grâce à l’éditeur Akata/Delcourt que nous pouvons lire cette série. Le tome 1 est sorti l’an dernier tandis que le 2ème est disponible depuis mercredi dernier.
L’histoire est celle de personnages décidant de tout abandonner pour aller vivre dans la montagne, retourner à une forme de vie primitive et ainsi découvrir une nouvelle vie, loin de celle connue auparavant. Il s’agit d’un titre très agréable à lire, dans un ton dramatique et au dessin réaliste.
De quoi ça parle ?
Synopsis du tome 1
Fiche technique
Titre original : Mada, Ikiteru…
Auteur : Hiroshi Motomiya
Editeur japonais : Shueisha
Nombre de tomes au Japon : 2 one shot
Editeur français : Delcourt
Nombre de tomes en France : 2 (novembre 2010)
Prix en France : 7.95 euros
Mon petit avis
Je ne suis pas mort fait donc 2 tomes. C’est l’an dernier que j’ai lu le premier sur les conseils de Binouf. J’avais très apprécié ce manga, et c’est cette année que j’ai vu qu’il y avait un tome 2. Ce n’était pas obligatoire car le premier tome se finissait de façon logique, et j’avais peur avec cette suite d’avoir un tome 1 bis. Et bien tant mieux car ce n’est pas le cas, nous avons 2 mangas différents.
Dans le premier tome, nous suivons donc l’histoire de Kenzo, fraîchement licencié par sa boite et abandonné par sa famille. Comme il a 60 ans, aucune chance qu’il retrouve un travail ce qui est le cas puisqu’il se fait recalé de l’ANPE japonaise. Comme sa femme et ses enfants ont déserté en lui piquant tout l’argent qu’il avait mis de côté et que les numéros de téléphone sont hors service, il a aucune chance de récupérer quoi que ce soit. Désespéré, il décide donc d’en finir avec la vie. Il achète une corde, va dans un bois, accroche la corde sur une branche et manque de bol (ou pas…), il rate son coup. Il y voit là un signe du destin, le début d’une nouvelle vie qui s’ouvre devant lui.
C’est ainsi que l’on va voir Kenzo vivre dans son nouveau monde, loin de la ville. Il va habiter dans la montagne et tel un Robinson Crusoé, va tout faire de ses propres mains avec les moyens du bord : construire une cabane avec du bambou, chasser des sangliers et des oiseaux, récupérer du sel sur son manteau qu’il aura trempé dans la mer… Plus de technologies pour Kenzo, que des outils et des méthodes datant de plusieurs siècles pour vivre. Le manga n’est pas du tout ennuyant, on suit bien son parcours avec ce qu’il faut de péripéties : trouver un abri, acheminer de l’eau, faire des armes pour chasser… Au fur et à mesure, Kenzo va changer, avoir plus de charisme, se forger un caractère qui va le rendre de plus en plus indépendant vis à vis des hommes. Il fera appel à ses souvenirs pour trouver comment se nourrir, saura se montrer impitoyable pour tuer des animaux.
L’histoire se déroule aussi sur plusieurs années, pratique pour avancer rapidement et montrer l’évolution de Kenzo et ses travaux. Les choses se compliqueront aussi avec l’arrivée d’une jeune femme, ce qui va modifier son comportement, ses tâches, sa vie et son caractère. Il est intéressant avec ce tome de voir que même à la fin de sa vie, on peut se découvrir des aptitudes insoupçonnées, qu’il n’est jamais trop tard. J’ai aussi fortement apprécié voir ce vieil homme réaliser ses plus belles années au moment où il est sur le point de mourir. Au fond du gouffre, il va se relever et vivre sa vie comme jamais.
Dans le tome 2 par contre, ce n’est pas du tout ça. On suit cette fois, Masao, le fils de Kenzo. Il a 30 ans, vient de se faire lourder par sa nana, insatisfaite du statut d’intérimaire du héros. Masao, un peu paumé, va alors partir à la recherche de son père et découvrira qu’il vivait dans une montagne. En lisant le journal laissé par son père, Masao va alors changé, il va prendre conscience de tout un tas de choses -il va être aware- et débutera alors son projet : vivre de la même façon que son père, dans cette même montagne.
Voilà pour le début du tome 2. Ça fait un peu office de synopsis, et en le lisant, j’avais peur qu’on ait la même chose que dans le tome 1 : un homme qui vit dans une montagne et qui se démerde. C’est un peu de ça dont il est question durant l’histoire mais pas du tout de la même façon. Masao est plus jeune, n’est pas au bord du gouffre comme l’était son père, il a un peu plus de temps pour accomplir son rêve, et surtout il y a d’autres problématiques : acheter le droit de propriété de la montagne. Et pour acheter, il faut des sous, ce qui est compliqué pour notre héros car il est intérimaire et fait des boulots pourris (circulation, laveur de voiture). Donc là aussi nous aurons droit à des sauts dans le temps afin d’aller à l’essentiel : voir comment Masao se démène pour mener son projet à bout.
Au contraire du tome 1 qui était centré sur un personnage, nous suivons 2 protagonistes : Masao et Mitsuko, qui apparaissait dans le premier tome. Elle aussi n’a pas une vie géniale, et surtout elle pense beaucoup à Kenzo et la façon de vivre dans la montagne. Elle a un enfant qui va à l’école et qui est insatisfait de sa situation. Plusieurs passages vont donc nous montrer sa vie à la ville et les décisions qu’elle devra prendre pour choisir la vie qu’elle souhaite.
Cette suite, je l’appellerais plutôt « je veux vivre comme je l’entends ». En effet, les personnages, certes dans une mauvaise situation, ne sont pas non plus sur le point de mourir, il n’y a pas la même extrémité qu’avec la triste histoire de Kenzo. L’auteur va donc nous narrer plusieurs choses. D’une part, les différents boulot de Masao et son emménagement dans la montagne, sa nouvelle identité, d’autre part, la vie de Mitsuko et son fils, les métiers qu’elle fait et les perspectives qui s’ouvrent à elles, ce qui auront une influence directe sur sa vie.
J’ai moins apprécié ce tome deux, certainement du fait que l’on voit beaucoup moins le côté « primitif » qui faisait le charme du premier. Il reste quand même appréciable mais il n’y a pas le même effet qu’avec son prédécesseur.
Quant au dessin, il est le même pour les 2 tomes : un trait réaliste, détaillé, bien fourni en décors (bâtiments, fôret…), l’auteur ne pêche pas à ce niveau-là. Il fait très seinen et colle bien à l’histoire. Le début du tome 1 est disponible sur le site d’Akata, vous pouvez donc vous faire une idée du coup de crayon de Motomiya-san.
Je ne suis pas mort est donc un titre au ton dramatique très plaisant à lire. L’auteur met en scène des personnages très forts qui sauront évoluer, prendre conscience que rien n’est impossible et surtout jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Les 2 tomes sont bien différents à savoir le contexte, les situations de départs, les objectifs à atteindre et leurs embûches. Un manga qui vaut le coup d’œil, surtout qu’après avoir pris connaissance de sa biographie, il faut profiter d’avoir un titre de l’auteur en France c’est pas demain la veille qu’on aura son plus grand succès chez nous !





COMMENTAIRES
Pas de commentaires pour “Je ne suis pas mort”